Histoire méconnue : la République de Marseille de Cazaulx

Publié le par Agach occitan

Une part de notre histoire d'Oc très peu connue... la République de Marseille de Cazaulx

 

 

 

Grâce au récent livre d'Alèssi Dell’Umbria "L’Histoire Universelle de Marseille" nous redécouvrons cette période qui est parfois très enfouie dans le cœur des marseillais mais dont on ressent la trace dans les paroles d'IAM par exemple avec le titre "Independenza".

 

 

 

Au chapitre IV : Marseille fait sécession c’est la République marseillaise de Cazaulx (?-1597).

 

 

 

Ce chapitre nous (re)fait découvrir l’histoire de la trahison de l’aristocratie du négoce marseillais, qui avait choisi le roi de France pour pouvoir continuer tranquillement ses affaires. Ceux qui soutenaient Cazaulx étaient du peuple, classes les plus modestes ou les classes moyennes. Carle de Casau ou Charles de Cazaulx, élu premier maire, avait la majeure partie des marseillais avec lui. Il a essayé de remettre en place un véritable République Marseillaise, avec toutes les fonctions d’un État : fortification à l’entrée du Vieux- Port pour éviter les navires des mercenaires turcs du roi de France; agrandissement de l’Hôtel Dieu, achat de blé et distribution au moindre coût de sorte que les accapareurs ne fassent plus la loi sur le marché marseillais.

 

 

 

Ayant déjà compris l’importance de l’imprimerie (aujourd’hui on dirait des médias) il amena une imprimerie avec laquelle il imprimera l’œuvre de Bellaud de la Bellaudiere « Obros et Rimos Prevenssalos » en 1595. Un choix emblématique : publier non dans la langue des rois de France mais dans celle de la cité et dans la langue de tous les provençaux. Les marseillais affirmaient haut et fort la dignité de leur langue. Cazaulx lui-même paya l’impression.

 

 

Aussi, le conseil de la ville décida de ne plus faire payer l’impôt aux pauvres, mais pour les plus riches il fut décidé que tous ceux qui étaient propriétaires auraient à verser 5 % de leurs biens à la ville. On peut imaginer la manière dont ils considérèrent Cazaulx.

 

Puis lorsque IV voulu accroitre son pouvoir, il acheta les chefs du parti catholique radical avec 32 millions de livres (soit une année de rentrées fiscales). A Marseille tous avaient fini par se rendre, sauf Charles de Cazaulx. Ne pouvant l’acheter, Henri IV résolut de le faire assassiner. Un des proches du leader marseillais, Pierre Baglione, le tua dans un quiproquo mais fut tout de même remercié par un titre de viguier à vie avec paye, revenus de grenier à sel, 160.000 écus, les droits de douane sur les arrivées de marchandises… De quoi endormir toute reprise de la République Marseillaise par un des lieutenants de Cazaulx. Baglione fut anobli et c’est sous le titre de « Pierre de Libertat » qu’il passa à une postérité exceptionnelle. Ainsi se fini lamentablement l’indépendance de la cité phocéenne qui était pourtant soutenue par la majeure partie de la population.

 

Dell’Umbria prouve que Cazaulx avait compris qu’il ne pouvait sauvegarder l’autonomie de sa ville qu’en la sortant de l’espace politique français. Il le fit grâce au soutien du peuple, contre l’aristocratie du négoce qui ne voyait que ses bénéfices.

 

Références complètes : L’Histoire Universelle de Marseille

Alèssi Dell’Umbria. 792 pages, format 12 x 21.

32 p. d’iconographie couleur.

Edition Agone à commander chez :

Atheles, 20 rue des Héros,

13001 Marseille

à l'ordre de Dell'Umbria

26,60 € franco

 

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Dans l'actualité Marseille est toujours une ville occitane qui bouge. Et malgré la mise sous cloche (ringardisation culturelle oblige) de sa provençalité, ça continue : http://www.lepoint.fr/marseille-epicentre-de-la-contestation-sociale-en-france-14-10-2010-1249732_19.php

 

Publié dans Reflexion

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